Ceci est un texte élaboré à partir de mon intervention au Forum IEP-Média de l'IEP d'Aix-en-Provence le Mercredi 14 mars 2007, organisé par Mr le Pr Drouot. J'intervenais comme podcasteur (SPHZ-Sciences Po Hertz) lors de la table ronde n°1 : « La communication autour des candidats : entre sondages, podcasts et Spin doctors » modérée par Michel MARTIN-ROLAND, Directeur de la Documentation générale de l’AFP avec Gaby OLMETA, Conseil en communication politique et Christophe EXCOFFIER, Directeur général de Novamétrie.
Les podcasts se placent dans le cadre du mythe moderne du Web 2.0, ce mot-valise est utilisé pour décrire un large panel d’activités en ligne et de services Web. Le Web 2.0 n’est pas un Internet2, ce n’est pas un nouveau réseau opérant à travers des relais différents, et peu de personnes savent précisément de quoi il s’agit. Malgré son caractère vague, ce terme a vite trouvé une utilité pour rassembler l’ensemble de nouveaux services Web et d’entreprises qui faisaient alors leur apparition vers 2006.
Un podcast est une classe de services Web (au même titre que l’email par exemple) qui permet à un utilisateur de recevoir automatiquement, par abonnement ou à la demande, un contenu audio ou vidéo sur son ordinateur. Le terme à été forgé à partir des mots iPod et broadcast (diffusion). En effet, c’est la société Apple qui a proposé la première solution grand public pour recevoir des émissions de radio sous forme de fichiers audios à écouter sur son lecteur multimédia iPod.
Les québécois préfèrent à Podcast le terme de balladodiffusion.
Un podcast est donc un medium, mais pas un format de contenu. Il peut être audio comme vidéo. En effet, l’apparition d’iPods Vidéos et autres balladeurs multimédias a permis l’implantation d’un standard de fichier vidéo adapté.
Pour les bloggeurs "vedettes" français Loïc le Meur ou Thomas Clément, les podcast sont un équivalent de la révolution des radios libres dans les années 80. En effet, ils mettent à la disposition de chacun les moyens techniques pour produire des contenus qui rappellent la radio ou la télévision, deux médiats dominants de l’ancien système. On parle alors du passage d’une communication one to many (un diffuseur, beaucoup de receveurs), à une communication de type many to many.
Le web-evangeliste Doc Searls parle même du Zéro Géant pour décrire l’évolution d’Internet qui permet de mettre tous les individus à une distance nulle les uns des autres.
La fascination des communicants politiques pour les nouveaux médias a poussé la plupart des candidats à revendiquer le terme Pocast. Il s’agit pour la plupart de simples Web-télés, c’est à dire d’une page web sur lesquelles on peut regarder des vidéos.
Le format est intéressant quelques fois : ainsi le Parti Socialiste propose une série d’entretiens filmés dans une voiture dans un style informel avec son Premier Secrétaire.
Jean-Marie le Pen quand à lui, a proposé pendant la campagne un bon exemple de nouveau format : il s’agissait pour lui de proposer une sorte de journal télévisé, présenté par lui même, et traitant de thèmes d’actualité qui lui étaient chers.
En réalité le fantasme des podcasteurs comme une armée de citoyens-journalistes, défendeurs de la liberté d’expression et de la vérité face à des médias traditionnels à la botte de la classe dominante semble s’évanouir. Aucun blog n’atteint réellement des audiences comparables aux médias traditionnels, et aucun podcast ne peut prétendre concurrencer un journal de 20h d’une date quelconque.
Sans être techniquement des podcasts, on pourra souligner le travail effectué par deux sites : NuesBlog et iPol.
NuesBlog a pris le parti d’interwiever des hommes politiques en filmant en continu sur des durées assez longues (plus d’une heure). L’idée ici développée est de sortir du « temps média » imposé par les formats télévisuels et radiophoniques. La réthorique est assez proche du courant libertaire.
A l’opposé, iPol propose une lecture de la net-campagne en séquences courtes, rythmées et attrayantes. Les journalistes sont des professionnels issus de plusieurs maisons de production nationales comme Canal Plus, Reservoir Prod ou Paris Première. Un programme de cette qualité pourrait tout à fait convenir à un médium sérieux comme une grande chaîne de télévision nationale. iPol revendique son rôle de défricheur de la net-campagne « vous savez, celle dont on ne parle pas à la télé ».
Notons les propos de Dan Kennedy, dans la fatale attraction du gratuit :
Le modèle d’audience est tout à fait différent de celui des médias traditionnels : c’est un modèle en longue traîne, pour reprendre les termes l’éditorialiste de Wired Magazine, Chris Anderson. C’est à dire qu’une très petite quantité de podcasts recueillent une audience très grande, puis la courbe s’abaisse très rapidement, et l’audience s’émiette en une longue traîne, qui au final pourra représenter une audience cumulée bien plus importante que celle des quelques acteurs majeurs.
C’est peut être aux journalistes dits « traditionnels », en tout cas aux médias dominants à l’heure actuelle d'aider les citoyens à trier le bon grain de l’ivraie dans la soupe primordiale des bloggeurs et autres podcasteurs. En effet leur expertise et leur éthique de travail sont autant d’atouts des journalistes qui devraient assurer un rôle d’échantillonneurs pour que le produit final, l’information délivrée au citoyen, tire parti des informations publiées en ligne.
Pour ces élections encore, la technologie semble avoir supplantée les usages, et les podcasts sont plus des gadgets politiques ou des jouets pour citoyens en mal de reconnaissance que de véritables mini-médias. Mais leur attractivité est bien plus importante que leur qualité, car ils sont très accessibles et attractifs pour le public qui retrouve une forme « connue » de contenu, sous forme de vidéo rappellant la télévision ou de fichiers audios rappellant la radio. Bien qu’ils s’en défendent souvent, les podcasteurs sont bel et bien dans la comparaison avec les anciens médias qui les ont précédé.
Les potentiels sont immenses et n’ont pas encore donné leur pleine mesure dans nos sociétés occidentales connectées. L’incise du blog de Loïc le Meur est bien
Traduction personnelle.
Ces nouvelles pratiques d’information sont en partie déjà en construction, en partie encore à inventer. Les Présidentielles de 2012 tireront certainement parti de ces nouvelles pratiques et d’autres que nous ne soupçonnons pas encore. Déjà les Présidentielles américaines de 2008 se gagneront en partie sur le Web, investi par tous les candidats des primaires, démocrates comme républicains. En tout état de cause, comme Phillipe Starck le confiait lors d’une interview fleuve sur le podcast de Loïc le Meur :
Podcasts : qu'est ce que c'est ?
Les podcasts se placent dans le cadre du mythe moderne du Web 2.0, ce mot-valise est utilisé pour décrire un large panel d’activités en ligne et de services Web. Le Web 2.0 n’est pas un Internet2, ce n’est pas un nouveau réseau opérant à travers des relais différents, et peu de personnes savent précisément de quoi il s’agit. Malgré son caractère vague, ce terme a vite trouvé une utilité pour rassembler l’ensemble de nouveaux services Web et d’entreprises qui faisaient alors leur apparition vers 2006.
Un podcast est une classe de services Web (au même titre que l’email par exemple) qui permet à un utilisateur de recevoir automatiquement, par abonnement ou à la demande, un contenu audio ou vidéo sur son ordinateur. Le terme à été forgé à partir des mots iPod et broadcast (diffusion). En effet, c’est la société Apple qui a proposé la première solution grand public pour recevoir des émissions de radio sous forme de fichiers audios à écouter sur son lecteur multimédia iPod.
Les québécois préfèrent à Podcast le terme de balladodiffusion.
Un podcast est donc un medium, mais pas un format de contenu. Il peut être audio comme vidéo. En effet, l’apparition d’iPods Vidéos et autres balladeurs multimédias a permis l’implantation d’un standard de fichier vidéo adapté.
Pour les bloggeurs "vedettes" français Loïc le Meur ou Thomas Clément, les podcast sont un équivalent de la révolution des radios libres dans les années 80. En effet, ils mettent à la disposition de chacun les moyens techniques pour produire des contenus qui rappellent la radio ou la télévision, deux médiats dominants de l’ancien système. On parle alors du passage d’une communication one to many (un diffuseur, beaucoup de receveurs), à une communication de type many to many.
Le web-evangeliste Doc Searls parle même du Zéro Géant pour décrire l’évolution d’Internet qui permet de mettre tous les individus à une distance nulle les uns des autres.
Les Podcasts et les Présidentielles.
La fascination des communicants politiques pour les nouveaux médias a poussé la plupart des candidats à revendiquer le terme Pocast. Il s’agit pour la plupart de simples Web-télés, c’est à dire d’une page web sur lesquelles on peut regarder des vidéos.
Le format est intéressant quelques fois : ainsi le Parti Socialiste propose une série d’entretiens filmés dans une voiture dans un style informel avec son Premier Secrétaire.
Jean-Marie le Pen quand à lui, a proposé pendant la campagne un bon exemple de nouveau format : il s’agissait pour lui de proposer une sorte de journal télévisé, présenté par lui même, et traitant de thèmes d’actualité qui lui étaient chers.
En réalité le fantasme des podcasteurs comme une armée de citoyens-journalistes, défendeurs de la liberté d’expression et de la vérité face à des médias traditionnels à la botte de la classe dominante semble s’évanouir. Aucun blog n’atteint réellement des audiences comparables aux médias traditionnels, et aucun podcast ne peut prétendre concurrencer un journal de 20h d’une date quelconque.
Sans être techniquement des podcasts, on pourra souligner le travail effectué par deux sites : NuesBlog et iPol.
NuesBlog a pris le parti d’interwiever des hommes politiques en filmant en continu sur des durées assez longues (plus d’une heure). L’idée ici développée est de sortir du « temps média » imposé par les formats télévisuels et radiophoniques. La réthorique est assez proche du courant libertaire.
A l’opposé, iPol propose une lecture de la net-campagne en séquences courtes, rythmées et attrayantes. Les journalistes sont des professionnels issus de plusieurs maisons de production nationales comme Canal Plus, Reservoir Prod ou Paris Première. Un programme de cette qualité pourrait tout à fait convenir à un médium sérieux comme une grande chaîne de télévision nationale. iPol revendique son rôle de défricheur de la net-campagne « vous savez, celle dont on ne parle pas à la télé ».
Limites du phénomène Podcast
Notons les propos de Dan Kennedy, dans la fatale attraction du gratuit :
il y a, cependant, une faiblesse majeure dans le modèle de citoyen journaliste défini par les entreprises. Le bon journalisme peut être difficile, mais la technologie elle, est facile.Par conséquent, les canaux podcasts sont majoritairement composés de scories personnelles inintéressantes, à part pour un public très restreint. Si les podcasts permettent à tout un chacun de diffuser ses créations via le réseau Internet, peu de ces créations s’avèrent présenter une valeur dans le cadre des Présidentielles.
Le modèle d’audience est tout à fait différent de celui des médias traditionnels : c’est un modèle en longue traîne, pour reprendre les termes l’éditorialiste de Wired Magazine, Chris Anderson. C’est à dire qu’une très petite quantité de podcasts recueillent une audience très grande, puis la courbe s’abaisse très rapidement, et l’audience s’émiette en une longue traîne, qui au final pourra représenter une audience cumulée bien plus importante que celle des quelques acteurs majeurs.
C’est peut être aux journalistes dits « traditionnels », en tout cas aux médias dominants à l’heure actuelle d'aider les citoyens à trier le bon grain de l’ivraie dans la soupe primordiale des bloggeurs et autres podcasteurs. En effet leur expertise et leur éthique de travail sont autant d’atouts des journalistes qui devraient assurer un rôle d’échantillonneurs pour que le produit final, l’information délivrée au citoyen, tire parti des informations publiées en ligne.
Pour ces élections encore, la technologie semble avoir supplantée les usages, et les podcasts sont plus des gadgets politiques ou des jouets pour citoyens en mal de reconnaissance que de véritables mini-médias. Mais leur attractivité est bien plus importante que leur qualité, car ils sont très accessibles et attractifs pour le public qui retrouve une forme « connue » de contenu, sous forme de vidéo rappellant la télévision ou de fichiers audios rappellant la radio. Bien qu’ils s’en défendent souvent, les podcasteurs sont bel et bien dans la comparaison avec les anciens médias qui les ont précédé.
Conclusion
Les potentiels sont immenses et n’ont pas encore donné leur pleine mesure dans nos sociétés occidentales connectées. L’incise du blog de Loïc le Meur est bien
les médias traditionnels diffusent des messages, les blogs démarrent des conversationsDe même, dans son manifeste Giant Zero Journalism, Doc Searls nous prévient :
Le contenu est inerte. Il n’est pas vivant. Il ne grandit pas, ne prend pas feu, ne devient pas viral. Les idées et les opinions le font, elles. Les faits intéressants le font aussi. « L’audimat » est passif. Il s’assoit, applaudit, puis s’en va. C’est ce qui a pu se passer avec les journaux, la radio, la télévision, dans le vieux monde contrôlé par les médias dominants (mainstream medias), mais ce n’est pas ce qui arrive dans le Zéro Géant. Ce n’est pas ce qui arrive avec les blogs, ou le journalisme citoyen. Désormais tout est dans la contribution, la participation. Cela implique la conversation, mais cela va au delà vers une relation- avec les lecteurs, avec les spectacteurs, au sein d’un écosystème plus grand par lequel nous nous informons les uns les autres.
Traduction personnelle.
Ces nouvelles pratiques d’information sont en partie déjà en construction, en partie encore à inventer. Les Présidentielles de 2012 tireront certainement parti de ces nouvelles pratiques et d’autres que nous ne soupçonnons pas encore. Déjà les Présidentielles américaines de 2008 se gagneront en partie sur le Web, investi par tous les candidats des primaires, démocrates comme républicains. En tout état de cause, comme Phillipe Starck le confiait lors d’une interview fleuve sur le podcast de Loïc le Meur :
ne déifions pas le tuyau, mais utilisons le plutôt

3 commentaires:
Hum Thibaut je n'ai qu'un seul mot à la bouche: Bravo pour ce texte.
Je remarque dans ton écriture un goût forcé pour les phrases en deux temps.
Phrase 1, Mais Phrase 2.
Au moins, je serais capable de reconnaître tes écrits parmi 100 !
Bisous rosés
St*
Si tu continues à ce rythme, il va falloir rajouter "Thibaut Thomas" à la liste des bloggeurs vedettes !
Sortir du "temps médias" et utiliser différents supports... c'est vrai que c'est bien et attrayant. Et l'information passe meiux. IPol est un magazine tres sympa. Ce qui me gêne, c'est que ca reste "sympa" et pas forcément "intéressant".
En plus, saviez vous que le phénomène "web tv" ou television par ADSL ne pourra réellement jamais se faire à cause des droits d'auteur? Lisez ici si ca vous intéresse.
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