mercredi, juin 13, 2007

Facebook : futur géant des logiciels sociaux ?

Habeas Habeas explique à Loïc le Meur comment se servir du champ "Looking for" de Facebook...


On parle beaucoup plus de Facebook ces derniers temps ! L'ouverture des applications externes a engagé un phénomène d'adhésion assez massive à ce service.

Francis Pisani se demande si Facebook sera le prochain Google ou s'il deviendrait un Système d'exploitation social, par analogie aux systèmes d'exploitation d'ordinateurs.

Rappelons au lecteur que nous sommes l'auteur de la seule étude sérieuse en français à propos de Facebook (en février 2007), un mémoire de fin d'étude de 95 pages intitulé :

YASNS-Yet Another Social Network Service
Facebook, Myspace : réseaux sociaux en ligne
et nouvelles pratiques de communication

A ce titre nous avons la prétention d'avoir un avis sinon intéressant du moins éclairé sur la question des réseaux sociaux en ligne.
Voici donc notre contribution dans les commentaires du blog Transnets, dans sa version longue :

Pisani : Mais je sens déjà poindre les sceptiques… Vous y croyez, vous, à l’énormité de Facebook?

Habeas Habeas :
Facebook fonctionne actuellement sur une base d’utilisateurs principalement issus du milieu étudiant. Il n’y a qu’à voir la base française, majoritairement composée d’étudiants menant des études supérieures, les early-adopters ayant découvert le service lors de séjours d’études à l’étranger. Depuis 1 à 2 mois les adhésions s’emballent pourtant.

Mais la logique de facebook est d’organiser des sous-réseaux : sans être “amis” les étudiants de Duke University peuvent voir tous les profils de leurs camarades, mais ceux de UCLA ne peuvent pas voir ceux de Duke. Aujourd’hui Facebook propose donc des réseaux fermés, un des plus récents étant par exemple Sciences Po Paris. Ceci faisait dire en 2005 au fondateur de facebook qu’une personne ne pouvait accéder qu’à un pourcentage restreint de la globalité du réseau. Le sous-réseau permet l'identification, le sentiment d'appartenance, bien plus fortement que la logique "ouverte" sur Myspace par exemple. Ce qui explique très certainement les extraodinaires taux de pénétration de Facebook sur les campus américains.

Mais quid des nouveaux utilisateurs ? Se satisferont t’ils d’un réseau du type “France” ou “New York” ? Ce qui est vraiment exceptionnel sur facebook, c’est justement l’impression que l’on a d’avoir un microcosme à portée de clic, tout en étant connecté à la planète entière. C’est la meilleure expérience de la théorie du Small World (Stanley Milgram) selon laquelle les humains sont reliés entre eux par un nombre fini de liaisons, généralement admis comme ne dépassant pas 4.

Devant la récrudescence des adhésions à Facebook, et son utilisation par des personalités comme d'un board de conseil permanent, le réseau perdrait t'il son caractère "personnel" ? Facebook devrait s’inspirer de Friendster et fournir des “rangs” d’amis qui permette de discriminer simples connaissances (par ex Loïc le Meur est dans ma base d’amis !) et cercle d’intimes. Car, finalement, je ne sais pas si j'ai envie que Loïc le Meur puisse voir mes photos de soirée étudiantes !
Le business networking n'aurait il pas plus sa place sur des réseaux dédiés du type LinkedIn (ou son pendant français 6nergies) ?

J’ai peur que facebook ne perde son identité en grandissant trop largement. En tout état de cause, j’encourage ceux qui sont déjà connectés à prendre garde à leurs préférences de vie privée… le graal d'une société entièrement connectée n'est peut-être pas si loin !

2 commentaires:

Stella a dit…

Thibaut,

Je pense que Facebook est plaisant pour deux raisons :
- les vrais nom et prénom donnés en général par les membres.
- les groupes et les 'activités' proposées par facebook.

Mais...
Je crois que ce n'est qu'un phénomène de mode, et j'ai peur que cela ne dure pas des années. Après je suis largement en mesure de me tromper.

Bisou !

Loic a dit…

bon j'ai suivi ton conseil je l'ai enlevé le whatever I can get que j'avais mis pour le fun :)