lundi, décembre 17, 2007

Laure Manaudou vs Carla Bruni

Blogpulse : "Laure Manaudoue nue" VS "Carla Bruni Sarkozy"

Surveillons la viralité du phénomène sur le web et les médias classiques, au-delà de tout jugement.

dimanche, décembre 09, 2007

Pourquoi la tecktonik est une pratique culturelle digne d'intérêt

Plus de 9 mois après le démarrage du mouvement, alors que dans certains milieux il est de bon ton de condamner cette mode, penchons-nous un peu sur le phénomène pour essayer de capter un peu mieux l’air du temps au-delà du -attention mot-clé- buzz…

Etudions donc les pratiques culturelles des adolescents français, à l’occasion de la tombée dans le mainstream de la tecktonik.
Et pour commencer, cela ne s’appelle pas la tecktonik.
En réalité, tecktonik étant un nom commercial des soirées France-iliennes ayant popularisées le style d’avril à août 2007, on devrait utiliser le terme revendiqué de danse electro, ou bien selon le style, de HardStyle (le style belge frontalier original) ou Milky Way (la variante française de départ). A ce sujet, notons que c’est l’occasion pour le curieux de découvrir toutes ces danses localement mondialisées, comme le Melbourne Shuffle, ou mes préférées, le hyphy de la Bay Area en Californie du nord, et le Baltimore Club.
Et au crédit de nos danseurs, en ces temps de french-bashing, de l'Australie à la lettonie, un français qui porte un jean slim est désormais catalogué "Tecktonik".

Regardons ensemble ce genre de vidéos : JeyJey.
Un garage de pavillon de banlieue, en parpaings nus. Une maison donc, mais sobrement simple. Un milieu prolétaire au sens marxiste du terme, des gens simples. Les autres lieux sont publics, mais jamais connotés « banlieue ghetto » : pas de hall d’immeubles, plutôt des MJC, pas de parkings, plutôt des centres commerciaux.
Dans les interviews, les danceurs viennent souvent du Hip Hop, mais pourquoi alors aborder l’electro, ennemie héréditaire ? Peut être parce que le message Hip Hop français (Putain c’est la merde, ici c’est la misère) n’est pas naturel pour ces jeunes, qui se retrouvent plus dans des préoccupations de look, de sorties, d’expression de son individualité.

Lutte des classes.

Il est très clair que la tecktonik-bashing est connotée socialement : les sous-prolétaires d’une part, baignant dans une culture hip hop, et la bourgeoisie d’autre part, revendiquant un style à la mode de minet rockeur qui court depuis le revival rock d’Hedi Slimane pour Dior à la vague des baby-rockeurs de la nouvelle scène parisienne, sont les adversaires désignés des danseurs de tecktonik qualifiés de beaufs. La France se rêve dichotomique, entre banlieues chaudes et pauvres et centres urbains bourgeois, rejetant tout ce qui viendrait de l’entre-deux et viendrait compliquer ce schéma binaire simpliste. Cela est d’autant plus vrai que la danse electro ne demande rien à personne, elle ne se construit pas en opposition. Au contraire, le rap français dénonce une situation sociale, revendique une réussite qui passe par l’argent, c’est à dire par des valeurs bourgeoises : de la droite bling bling aux rappeurs, il n’y a finalement qu’un pas. De leur côté, les bourgeois rockeurs, tirés à quatre épingles, sont en pleine schizophrénie en puisant dans les racines anglaises du style Mods un violent a priori anti-prolétaires.
Quelle violence dans les propos, quelle virulence dans les attaques : n’y a t’il pas quelque chose de plus profond qu’un rejet d’une mode, quelque chose qui toucherait à l’inconscient collectif français ?


Génération aZerty

Enfin, la pratique la plus intéressante autour de la tecktonik est sans conteste l’extraordinaire naturel de ces adolescents qui se filment à l’aide d’un téléphone portable puis publient en ligne la vidéo pour susciter des commentaires. Signes d’une génération qui utilise nativement les outils de médiation informatisés. Skyblogs, Dailymotion, autant de lieux où ils peuvent s’exprimer, échanger, communiquer… Où est le centre de la tecktonik sinon sur Internet, qui permet de fédérer les danseurs, de générer de l’émulation, de copier les derniers styles, qui promet enfin à tous ses 15 minutes de gloire, ou plutôt ses 5 millions de visionnages, en l’espèce.

Voilà, à part ça, c’est assez divertissant à regarder, non ?