Un réseau social peut être un excellent moyen, particulièrement bon marché, de créer des communauté de consommateurs : imaginez un dogster (réseau social pour chien) lancé par Canigou, et qui, en échange de quelques conseil vétérinaire, établirait, pour un bon nombre d’années, une relation unique entre une industrie agro alimentaire à priori pas très attirante, une des millions de consommateurs.
Bien entendu, la première objection à cette opinion est que peu de marques disposent de la légitimité suffisante pour rassembler une réelle communauté d'utilisateurs, mais passons rapidement pour étudier un point plus stratégique.
Cette vision est encore trop descendante et pas assez conversationnelle. Elle occulte trois aspects du web vu par ses utilisateurs :
A. le coût d'inscription à ces réseaux de niche. En effet, tout l'intérêt de Facebook et Myspace à l'heure actuelle est que "tout le monde" y est déjà. Inscrits une fois pour toute, les utilisateurs bénéficient de l'ensemble des services offerts par le réseau social, et y retrouvent tous leurs contacts.
Dans le cas d'un réseau de niche, les utilisateurs doivent se réinscrire, retrouver éventuellement des contacts, dans tous les cas créer de nouveaux liens, prévenir d'autre amis... C'est le cauchemar du changement de plateforme. Finalement, pourquoi rejoindre un nouveau réseau si c'est pour repartir de zéro encore une fois ?
B. Une communauté est... une communauté, pas un culte.
Peut être que Fabrice Epelboin n'a pas souhaité développer les fonctions de ces réseaux de niches de marques, mais il tend à laisser penser que ces réseaux s'articuleront bien vite autour d'une relation unique marque>consommateur, au lieu d'initier une relation consommateur<->consommateur, qui donne un réel aspect communautaire. C'est justement aux marques dans ce cas de promouvoir les échanges entre les membres, à coût faible d'interaction mais à satisfaction élevée, bien entendu, ce qu'on appelle la coopération faible.
Sinon notre beau réseau social de marque de niche n'est juste qu'une mailing list...
C. Les internautes ne sont pas fragmentaires, leurs identités sur le web si.
Au lieu de fragmenter la présence des utilisateurs en ligne au travers d'un réseau social musical (myspace), d'un réseau social amical (facebook), professionnel (linkedIn), d'une communauté sportive (skipass.com), ne vaut il pas mieux rassembler les différentes strates d'identités éparpillées ?
C'est toute la réussite de Netvibes . Consultez en lien mon univers public Netvibes qui me permet de rassembler en un seul lieu mes différentes productions. L'enjeu est bien de centraliser nos existences en ligne, si ce n'est de manière publique (pour des raisons de privacité, de vie privée), au moins de manière privée, comme un tableau de bord général du web.
Pour le bénéfice des utilisateurs, il nous faut inter-connecter les services, et les rassembler au lieu de les multiplier. Pas parce que c'est le plus simples pour les industriels (on préfère toujours tout contrôler), mais parce que c'est ce dont ont besoin les utilisateurs.
La plateforme facebook d'une part (et son pendant chez Myspace), le projet openID d'autre part, sont déjà des premiers pas encourageants.
Vivement que tout le monde soit connecté, qu'on se remette à vivre normalement !
Edit:

