jeudi, septembre 25, 2008

Why Blog ?

The whole idea of "blog chains" usually makes me smile, as they are a proof of the social bonding and the conversation ecosystem that describe best the blogosphere (warning : this sentence may cause keyword-overload), and at the same time a very good example of viral internet meme dissemination.
But today, I'm not smiling, because I have been asked by my friend Joël Gombin, graduate student in Political Science (and harsh Trivial Pursuit opponent), to write a post explaining "why blog" which is a very good question for my 202th post here in 3 years.

Why did I begin blogging ? 
I began blogging on May 30th, 2005, the day after France rejected the European Union Constitutionnal Treaty which I had strongly supported during the previous months. Still hungover after a massive "end of the world party" involving crashing the communists students victory party, I decided to push the political fight online, following the US Democrats example after the 2004 elections that I had followed mostly on the web, most notably with Wonkette, who was still written by Ana Marie Cox, who coined my bloggging practice by her political jokes, innuendos, and overall very personal tone.

I used to write under the name of Habeas Habeas, back then things were different, the internet was not that friendly for bloggers and I felt I had to move anonymously.

How did I blog ? 
2006 was a great year for my blogging : I was trying to maintain up to 4 blogs from California where I was interning in an  environmental / public interest Law Firm as part of Sciences Po Aix exchange year : 

Thibaut-en-Amérique recieved most of my attention, I documented during 9 month my life experience in the US. While researching through the web for other students documenting their exchange year in other Sciences Po Institutes in France, I established friendships that still last (altough sometimes they are still entirely immaterial/virtual !), invited a friend on my blog for some cross-culture posts....
Habeas Habeas was still updated as part of my efforts to become a star blogger, which never came. I was looking on the web for news, fun pictures/movies, and political gossip to feed my aggregation mission.
I had several other blogs, including an aborted collaborative cooking blog and a tabloid-like "headlines" blog. None of them really made it, but I learned a lot about blogging.

Why blog today ? 
In an interview, researcher and soon-to-be PHD Danah Boyd said :

The key practice is that you have to write yourself into being. To a certain degree we do this offline as well, whereby you have a body that you're working with that you then accessorize to hell. Online you don't have a body, you don't have a presence, you don't have anything that sort of marks your existence. 


Thus, I blog to exist online. This blog is my digital body, that's why I bought thibautthomas.com to link to it on email signatures, business cards, presentations... This is why I switched to my real name here too.
I must say I intimately know the pain to update frequently a blog, and this whole "digital body" approach has made me more reluctant to post everything I want here. Habeas Habeas is not a professionnal blog, it is now the blog of a professionnal. 

I joined the conversation on Twitter 10 month ago and I have really enjoyed it, finding there interesting things to read, wise people, and lots of fun between early adopters. It is also slowly taking away my "intimate-blogging", competing with my facebook status in a way that is not yet clear for me.

I also came back to a more spontaneous form of blogging with the newest addition to my digital bodies : "I should write a blog post about this", which is a tumblr "micro blog" in its purest form : quotes, pictures, links, throwing an idea of what I like on one point. I have been enjoying it for a few months.

Why blog tomorrow ? 
I don't know, but I'm willing to give it a try :) Will you follow me ?

mardi, septembre 23, 2008

I love Uniqlock



Winner of a Cannes Grand Prix, Uniqlock is probably the best widget ever, I just love its simplicity, it is a poetic momentum brought to us by Uniqlo, the japanese clothing brand.

Displaying the current blog time (for me: Paris), the music, scenery, and colors are evolving through the day, with a special scene every time the clock strikes (including awesome break-dancing by everyone's favorite dancers, U-Min, also responsible for an astounding choreography for Uniqlo).

It is falling in the  blog widget category so nicely, I have loved it since the first time I saw it. While researching for a client today, I realised I needed very badly to post it on my own blog.

By the way, the music is mostly by the Shibuya Kei artist Fantastic Plastic Machine.

vendredi, septembre 12, 2008

Adidas Low Pro Football raciste ?



Intrigué par une campagne d'affichage dans le metro et leur promesse d'esthétisants petits films, j'ai consulté le site de Adidas Originals Low Pro Football.

Qu'y vois-je ? Une représentation raciste, rien de moins.

Une équipe qui a tous les attributs des jeunes bourgeois modernes : blancs, cheveux souvent longs, bien habillée (en Adidas donc).
Chapeau/cravate/moustache/pull vintage : nous aurions même affaire à des branchés pour être exact.
L'avant-dernier personnage sur cette photo est par exemple est un archétype du "dandy" bourgeois actuel.


Les vidéos, intitulées "secrets de style", nous présentent ces héros et leur supériorité supposée (grâce à Adidas).
En face d'eux ? Une caricature de jeunes de banlieues : typés (africain ou maghrébin), cheveux rasés, mal habillés en sportswear classique, et même mal rasés, voir patibulaires.
 
Une bataille sociale, rien de moins que la lutte des classes.


Le minet sus-cité


Méchant noir

méchant maghrébin (mal rasé)


Bref, je suis assez outré par cette campagne, car si nous savons tous que la publicité préfère encore montrer des blancs riches plutôt que des français pauvres et typés,  ce qui m'exaspère ici c'est que cette campagne est en contradiction totale avec l'ADN de marque d'Adidas, marque qui doit tout de même énormément au mouvement Hip Hop et à son brassage multiculturel, notamment en France. On est très loin de la légitimité d'une marque associée a mantra  hip hop originel Peace, Unity, Love, and having fun !

je préfère aller ré-écouter My Adidas, de Run DMC (oui, des noirs qui rappent).




Publicité Adidas avec la bande son de Run DMC.

mardi, septembre 02, 2008

Marketing social et Digital Literacy, une correspondance avec mon Grand-Père

Je fais lire en ce moment le livre de Francis Pisani "Comment le web change le monde" (gracieusement offert par sa maison d'édition, qu'elle en soit remerciée) à mon Grand-Père, qui, à 80 ans allègrement passés, s'intéresse de près à mes domaines de prédilection. Il faut dire que lui-même avait participé à l'entrée des ordinateurs dans le secteur du contrôle aérien dès les années 70.
Il s'en est suivi un échange aujourd'hui que je voudrais vous faire partager.


J'ai commencé à me plonger dans l'alchimie du web, mais jusqu'à maintenant je ne discerne pas l'aspect économique de l'utilisation qui en est faite. La finalité n'est-elle pas en définitive de déterminer des profils de consommateurs pour des opérations de marketing destinées à séduire de jeunes clients? Car au delà de l'attrait relationnel on assiste à un fichage des participants aux réseaux contraire au respect de l'intimité de chacun. Ceci en les incitant à mettre leur personnalité à nu au vu et au su de tous, à commencer par les marchands de soupe à l'affût du gibier.
Si internet constitue un moyen merveilleux pour communiquer et s'informer dont les générations précédentes n'ont jamais disposé, par contre il risque de devenir un moyen d'asservissement de la pensée et de la personne si l'usage qui en est fait aboutit à réduire, voire supprimer, le libre arbitre de chacun par une éducation des jeunes orientée, presque exclusivement, vers le virtuel.


Voici ma réponse : 

Effectivement, d'un point de vue business, il s'agit de profiter des goûts affichés par les utilisateurs. Mais c'est un changement, de paradigme business auquel on assiste, et qui sera si j'en ai bonne mémoire détaillé plus loin dans le livre.

Nous passons d'un modèle de consommation de masse à un modèle de consommation personnalisé, ou plutôt, par tribus. Expliquons-nous : auparavant, les médias de masse imposaient une publicité rassembleuse pour inciter  aveuglément des millions de consommateurs à acheter le même produit, même si personnellement regarder des publicités pour de la nourriture pour chats ne m'intéresse pas. 

Désormais, il est possible, du point de vue du consommateur, de n'être soumis qu'à de la publicité ciblée, c'est à dire de ne retenir que le bénéfice de la publicité au sein d'une société de consommation : faire connaître au consommateur les produits et services dont il aurait besoin. Avec ce ciblage précis, la publicité m"aide à consommer au lieu de m'abrutir. Bien sûr, j'exagère beaucoup dans mes propos, et il faut déjà accepter l'idée d'une société de consommation, mais le fait est que, pour ainsi dire, le concept de marketing personnel ou de marketing de niche s'adresse à un individu plutôt qu'à une masse, et le responsabilise dans sa consommation. Quant à l'aspect "tribu" de cette consommation, elle vient du fait que notre société est actuellement légèrement moins individualiste que dans les années 70 ou 80, et -pour les jeunes- des modes de fonctionnement en tribus légères, aux contours flous, par affinité, apparaissent.

Tu évoques l'asservissement de la pensée. Il y a effectivement un risque, qui doit être combattu par l'éducation. En effet, Internet est fait pour les gens intelligents, réfléchis, pondérés.... la masse d'information est telle qu'il faut une réelle habitude du croisement des sources et de la lecture critique pour profiter au maximum des possibilités offertes. Choses qui paraissent relativement naturelles à des personnes éduquées pour effectuer des recherches à la bibliothèque, mais pas nécessairement pour de jeunes gens naïvement immergés
C'est un combat pour ce qu'on nomme en anglais la "digital literacy", qui pose beaucoup de problèmes de traduction en français. Pour mémoire, literacy renvoie à illiterate que l'on traduit par "illétré" . Les québécois utilisent "litératie numérique", peut-on dire "lettré numérique", qui frise l'oxymore ? Ou simplement "habileté numérique" ? Bref, il s'agit d'une notion-clé dès aujourd'hui, et qui le sera encore plus demain.

C'est aussi un combat personnel : pénétré de l'idée que le monde peut être meilleur grâce au partage de l'information, je suis convaincu que le système actuel va engendrer ce que Manuel Castells appelle des interacteurs, et des interagis, c'est à dire une classe socio-intellectuelle qui maîtriser ces nouveaux outils pour maximiser sa compréhension du monde et son utilisation du réseau social (puisque désormais l'information sur internet est sociale : indissociable des effets de groupe, des personnes qui en sont à l'origine), et un nouveau prolétariat (proNETariat ?), qui subit plus qu'il n'agit, donc la perception sera limitée, enclin à suivre des effets de masse, moutonniers, et à ne pas accéder à un stade de conscience avancé.

C'est d'ailleurs l'une des théories que j'essayerai de développer dans le cadre de mon mémoire de recherche "Adolescents Hyperconnectés" (titre provisoire). Je voudrais vérifier si oui ou non une segmentation nouvelle est à l'oeuvre chez les adolescents entre des connecteurs, pas nécessairement très technophiles, mais qui maîtrisent la pratique des nouveaux outils de communication, et une frange qui commence déjà à être reléguée, tant au niveau communicationnel qu'au niveau social.

Ci-joint une vidéo réalisée pour le documentaire de NHK "Digital Natives" sur la différence entre bibliothèque et internet lors de la découverte d'internet.